Une frappe aérienne israélienne a visé à l’aube, mardi 29 septembre, un appartement du quartier de Nasr, dans l’ouest de Gaza-ville. Elle a tué Izz al-Din al-Beik, chef de la branche armée du Hamas, les Brigades al-Qassam, dans le nord de la bande de Gaza. Sa mort a été confirmée à la fois par Israël et par le Hamas. Une autre personne a succombé plus tard à ses blessures, selon l’hôpital al-Shifa.

Dans une déclaration commune publiée sur X, le premier ministre Benyamin Netanyahou et le ministre de la défense Israel Katz ont affirmé que l’armée israélienne avait délibérément ciblé al-Beik, qu’ils accusent d’avoir participé à la préparation d’attaques et au recrutement de combattants. L’armée et le Shin Bet, le service de sécurité intérieure, lui reprochent aussi d’avoir travaillé à reconstituer les capacités de la brigade du Nord, et affirment qu’il représentait une « menace immédiate » pour les soldats et les civils israéliens. Ces accusations émanent des autorités israéliennes et n’ont pas été vérifiées de manière indépendante.

Le Hamas, qui a confirmé sa fonction et sa mort, a précisé qu’al-Beik avait auparavant dirigé le renseignement de la brigade, ce qui fait de lui l’un des commandants impliqués dans l’attaque du 7 octobre 2023, selon le Times of Israel. Il avait pris la tête de la brigade du Nord après la mort de son prédécesseur, Ahmed al-Ghandour, tué en novembre 2023.

D’autres frappes ont fait des victimes le même jour : au moins trois personnes ont été tuées dans le secteur de Jabalia, dans le nord de l’enclave, et une autre par des tirs israéliens à Deir al-Balah, selon la radio-télévision irlandaise RTÉ, qui fait état d’au moins six morts sur la journée.

Une campagne d’assassinats ciblés qui s’intensifie

La mort d’al-Beik n’est pas un fait isolé. Il est le troisième commandant de brigade du Hamas tué par Israël en moins de trois semaines, après ceux de la brigade de Khan Younès, le 11 septembre, et de la brigade de Rafah, le 15 septembre, relève le Times of Israel. L’armée israélienne affirme avoir tué au moins 20 membres du Hamas depuis le début du mois, dont plusieurs hauts commandants, des personnes qu’elle relie à l’attaque du 7-Octobre ou à la détention d’otages israéliens.

Israël justifie cette intensification par l’accusation selon laquelle le Hamas se réarmerait et préparerait de nouvelles attaques, en violation du cessez-le-feu. Israël n’a pas rendu publics d’éléments permettant de vérifier cette accusation de manière indépendante. Le Hamas la dément et accuse en retour Israël de saper l’accord. Cette accusation-là s’appuie sur des faits documentés : les frappes israéliennes n’ont pas cessé depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, comme en témoignent les assassinats de ce mois-ci, que l’armée israélienne revendique elle-même, et le bilan humain décrit ci-dessous.

Un cessez-le-feu de plus en plus difficile à décrire comme tel

La veille, lundi 28 septembre, deux femmes palestiniennes avaient été tuées dans deux frappes distinctes, selon les services de santé de Gaza. À Gaza-ville, une frappe sur le toit d’un immeuble a tué une femme et blessé son mari ainsi que d’autres personnes ; dans le camp de réfugiés de Nuseirat, dans le centre de l’enclave, une autre frappe a tué une femme et fait plusieurs blessés. L’armée israélienne a affirmé avoir visé un militant à Nuseirat, sans plus de précisions ; elle n’avait pas immédiatement commenté la frappe de Gaza-ville.

Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu négocié sous l’égide des États-Unis en octobre 2025, plus de 1 400 Palestiniens ont été tués à Gaza, selon les autorités sanitaires de l’enclave, citées par l’agence Reuters ; ce bilan ne distingue pas combattants et civils. L’armée israélienne indique de son côté que quatre soldats israéliens ont été tués sur la même période. Depuis octobre 2023, les autorités palestiniennes recensent plus de 73 000 morts dans la bande de Gaza.

Le même jour que la frappe contre al-Beik, 41 Palestiniens tués près de trois ans plus tôt ont été inhumés lors de funérailles collectives dans le camp de Nuseirat. « Il y a des sentiments mêlés, entre soulagement, tristesse et douleur », a confié Areej Farajallah, dont le mari avait été tué dans une frappe le 31 octobre 2023, selon Reuters.

Le cessez-le-feu reste un cadre réel : l’intensité des combats est sans commune mesure avec celle de la guerre menée entre octobre 2023 et octobre 2025. Mais il ne signifie ni l’absence de frappes, ni l’absence de morts. Et son volet décisif demeure bloqué : l’accord prévoit à terme la reconstruction du territoire, mais les négociateurs ne sont toujours pas parvenus à s’entendre sur les conditions du désarmement du Hamas et du retrait des troupes israéliennes, préalables à toute reconstruction d’ampleur.


Sources : Al Jazeera · Reuters, via ABC News · The Times of Israel · RTÉ · Reuters, via US News — frappes du 28 septembre