« Le juif doit dominé [sic] les autres peuples, les ecraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur. » Ce message, envoyé par Jordan Bardella en 2013, à 17 ou 18 ans, figure parmi les dizaines de conversations privées qu’une enquête de Mediapart, publiée le 28 septembre par Alexandre Berteau et Antton Rouget, attribue à l’actuel président du Rassemblement national (RN) et dauphin désigné de Marine Le Pen pour Matignon. Sollicité par le journal, l’intéressé conteste « formellement » avoir tenu « des propos racistes ou antisémites de ce type », en public comme en privé, et dénonce une « véritable opération de barbouzerie ». Le lendemain de la publication, il a annoncé avoir porté plainte en diffamation contre Mediapart.

« Les banques sont toutes détenues par des juifs »

L’enquête de Mediapart repose sur des dizaines de conversations écrites datant de 2013 à 2015, que le journal affirme avoir authentifiées de manière indépendante, complétées par une base documentaire plus large et par des témoignages de plusieurs anciens cadres du Front national (FN) de l’époque. Jordan Bardella y est déjà un militant actif : il prend la tête de la fédération FN de Seine-Saint-Denis en 2014, avant de devenir conseiller régional d’Île-de-France l’année suivante.

Dans les échanges cités par Mediapart, il affirme que « les banques sont toutes détenus [sic] par des Juifs », vise nommément trois ministres du quinquennat de François Hollande — Laurent Fabius, Pierre Moscovici et Manuel Valls — accusés de faire primer « l’intérêt bancaire » sur « les intérêts Français », et écrit que « le plus riche du monde n’est pas Bill Gate, mais la FED (et les 12 ou 13 banquiers qui se partagent le butin) », qu’il invite à « regarder les noms », forcément « sionistes » selon lui. Dans un autre message, il théorise que si Marine Le Pen accédait au pouvoir, elle risquerait « l’accident d’avion ou l’attentat par un soit disant islamiste fou (manipulé par le haut bien sûr) ».

Interrogé sur cette dernière phrase comme sur l’ensemble des citations, Bardella a démenti en bloc auprès de Mediapart, arguant notamment qu’il « n’étai[t] pas militant actif au sein du Front national durant l’été 2013, et encore mineur », ce qui, selon lui, « devrait […] alerter […] sur le caractère mensonger de ces “sources” ». Le journal relève toutefois que dans ses propres interviews et dans son autobiographie Ce que je cherche (Fayard, 2024), Jordan Bardella situe systématiquement son adhésion au FN en février 2012, soit un an avant les messages en question.

Une fascination assumée pour Alain Soral

Mediapart documente longuement l’influence, sur le jeune Bardella, de l’essayiste Alain Soral, condamné à de multiples reprises pour diffamation raciale et incitation à la haine, et fondateur du mouvement Égalité et réconciliation (E&R). « Ses analyses sont justes car tout se vérifie dans les faits », écrit Bardella à son sujet en septembre 2013, retenant notamment de la pensée de Soral la « soumission de la France à une logique sioniste » ou l’idée que « sionisme et domination bancaire so[i]ent liés (Goldman Sachs, Rotschild, Lehman Brothers…) ».

Cette proximité idéologique se prolonge par des relais concrets. Le 8 février 2014, Laurent G., alors responsable militant du FN en Seine-Saint-Denis, adresse à Bardella et à un autre cadre départemental des recommandations de lecture qu’il présente comme de la « formation doctrinale » : les écrits d’auteurs antisémites, collaborationnistes ou révisionnistes, de Lucien Rebatet à Robert Brasillach en passant par Édouard Drumont, ainsi que ceux de Robert Faurisson, Hervé Ryssen et Vincent Reynouard — jusqu’à des recommandations autour de Mein Kampf. Sollicité par Mediapart sur ces envois, Jordan Bardella n’a pas répondu.

En janvier 2016, un mois après son élection au conseil régional d’Île-de-France, Bardella lance un collectif, Banlieues patriotes, salué par Égalité et réconciliation comme « le message d’Alain Soral enfin entendu au Front national ? ». Son unique événement public réunit, dans un bar, le militant associatif Camel Bechikh, très introduit dans les cercles soraliens et présent lors des cortèges de « Jour de colère » en 2014, marqués par des slogans antisémites et homophobes. Entre février et juin 2015, Bardella est par ailleurs recruté comme collaborateur de l’eurodéputé Jean-François Jalkh, connu pour avoir commémoré en 1991 l’anniversaire de la mort de Philippe Pétain et pour avoir, en 2005, loué auprès d’une chercheuse la « rigueur » du négationniste Robert Faurisson à propos des chambres à gaz.

« On diabolise les dictateurs arabes alors que le régime d’Assad correspond finalement à la réalité du pays. »

— Jordan Bardella, été 2013, cité par Mediapart

Avant 2023 : un double jeu plus ancien

Le grand écart mis au jour par Mediapart ne date pas de la séquence diplomatique 2023-2025 : il est contemporain des écrits eux-mêmes. Mediapart relève qu’« à la même époque » où le jeune Bardella tient les propos rapportés par l’enquête, soit dès 2013, Marine Le Pen, alors présidente du FN, déclare publiquement que son parti est le « meilleur bouclier » pour protéger les Français de confession juive — un discours de façade construit en parallèle, et non en réaction, de l’antisémitisme documenté en interne.

Sur le fond diplomatique, la position du RN avant octobre 2023 restait d’ailleurs très en retrait de celle affichée depuis : le parti se contentait officiellement de réaffirmer son attachement à la solution à deux États, sans le soutien appuyé à la ligne du gouvernement israélien qui caractérise la période suivante. Le vrai basculement intervient au lendemain immédiat des attaques du 7 octobre 2023 : dès le 8 octobre, des parlementaires RN participent au rassemblement organisé par le Crif en soutien à Israël, un mois avant la marche du 12 novembre où Bardella et Le Pen se montrent aux côtés du reste de la classe politique.

Plus en amont encore, la mouvance dont est issu l’un des mentors de Bardella identifiés par Mediapart, Frédéric Chatillon, avait longtemps cultivé une imagerie pro-palestinienne d’un tout autre ordre. Dans les années 1990, le Groupe union défense (GUD), dirigé un temps par Chatillon, taguait sur les murs de Paris le slogan « À Paris comme à Gaza, Intifada », accompagné d’un rat noir coiffé d’un keffieh — une posture que les historiens de l’extrême droite décrivent non comme un soutien réel à la cause palestinienne, mais comme un antisionisme de provocation, doublé en privé d’un antisémitisme assumé. C’est cette filiation précise, et non un antisémitisme diffus dans la société française, que Mediapart relie au jeune Bardella des années 2010.

Le grand écart : d’« ami extrême d’Israël » à ses écrits de 2013

Ce passé contraste avec l’image que Jordan Bardella construit sur la scène internationale depuis 2023. Il participe le 12 novembre 2023, aux côtés de Marine Le Pen, à la marche parisienne contre l’antisémitisme organisée après les attentats du 7-Octobre — une présence contestée par une partie de la gauche et des associations antiracistes, qui rappellent que le FN a été fondé en 1972 par Jean-Marie Le Pen — mis en cause par plusieurs témoignages pour des faits de torture durant la guerre d’Algérie — aux côtés d’anciens collaborationnistes et de vétérans de la Waffen-SS, dont Pierre Bousquet, premier trésorier du parti. En février 2025, en marge de la conférence CPAC à Washington, en plein génocide à Gaza, il rencontre le ministre israélien de la diaspora Amichai Chikli ; le ministre des affaires étrangères Jean-Noël Barrot ironise alors sur X : « Belle leçon de patriotisme (et de diplomatie) : deux jours après qu’Amichai Chikli a appelé à la fermeture du consulat général de France à Jérusalem, Jordan Bardella vient lui serrer la main. »

Un mois plus tard, le 26 mars 2025, Bardella devient le premier président du RN officiellement reçu en Israël, à l’invitation du gouvernement Netanyahou. Il se rend au mémorial de l’Holocauste de Yad Vashem, sur les lieux de l’attaque du 7-Octobre près du kibboutz Re’im, et rencontre des membres de la Knesset et du gouvernement. « Je considère que le régime de Vichy a pris une part bien plus qu’active dans la collaboration avec l’Allemagne nazie », déclare-t-il sur place, ajoutant à l’adresse de survivants : « Vous avez beaucoup de courage, c’est important que les gens en France se rendent compte de ce qui s’est passé ici. » Il prend la parole devant plusieurs centaines de personnes à une conférence internationale sur l’antisémitisme organisée par le ministère de la diaspora, affirmant qu’Israël et la France ont « les mêmes adversaires » — « la menace islamiste », qu’il présente comme « votre ennemi, tout comme elle constitue notre péril le plus existentiel », un discours qui sert aussi, sur le terrain intérieur français, la ligne identitaire et anti-musulmane du RN — et que le conflit oppose « la civilisation » à « la barbarie » — tout en se dérobant, sur RMC, à une question sur les bombardements israéliens à Gaza, alors qualifiés de génocide par plusieurs organisations de défense des droits humains : « Je ne suis pas là pour condamner ou ne pas condamner » — une ironie certaine, à quelques heures d’une visite à Yad Vashem. Les organisateurs de la conférence le présentent alors comme « pas un homme d’extrême droite, mais un ami extrême d’Israël ».

Alain Soral, son ancien mentor idéologique, n’a pas manqué l’ironie de la scène. Réagissant à la mise en scène par Bardella, sur X, de sa rencontre avec Chikli, l’essayiste condamné pour antisémitisme a raillé : « Quand je pense que je l’ai connu révisionniste [Mediapart précise qu’aucun écrit de Jordan Bardella consulté par le journal ne fait état de révisionnisme]. Les retournés sont décidément toujours les meilleurs laquais des juifs. »

Un rapprochement contesté jusque dans le camp pro-israélien

Ce rapprochement rompt avec des décennies de distance diplomatique : Israël avait longtemps tenu le FN puis le RN à l’écart, en raison des propos de Jean-Marie Le Pen qualifiant la Shoah de « point de détail de l’Histoire ». Le dégel est officialisé en mars 2025 par le ministre israélien des affaires étrangères Gideon Sa’ar, qui établit des relations formelles avec le RN, aux côtés de Vox (Espagne) et des Démocrates de Suède — un parti fondé en 1988 par d’anciens militants néonazis, dont son premier président Anders Klarström, membre du Parti du Reich nordique —, tout en affirmant examiner « chaque parti au cas par cas », en vérifiant « leurs attitudes envers Israël » et « leurs positions sur l’antisémitisme, le négationnisme ». Le maire de Perpignan Louis Aliot, vice-président historique du parti, est identifié comme l’un des intermédiaires de ce rapprochement.

L’invitation faite à Bardella à la conférence de Jérusalem a toutefois provoqué, jusque dans les rangs mêmes de ses hôtes, des défections notables. L’essayiste Bernard-Henri Lévy, initialement prévu pour prononcer le discours d’ouverture, annule sa venue dès l’annonce de la présence de Bardella et de l’eurodéputée Marion Maréchal. Le commissaire allemand à la lutte contre l’antisémitisme, Felix Klein, et l’ancien député Volker Beck font de même, tandis que le président israélien Isaac Herzog choisit de ne pas y assister, lui préférant une rencontre séparée avec des dirigeants juifs. L’universitaire britannique David Hirsch, spécialiste de l’antisémitisme, appelle pour sa part Israël à ne pas offrir « à la droite populiste […] un sceau officiel d’approbation juive ».

En France, les principales organisations de la communauté juive n’ont pas suivi ce rapprochement gouvernemental israélien : le Crif maintient sa ligne du « ni RN, ni LFI », et la Licra comme l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) ont appelé à ne pas voter RN lors des législatives de 2024. Cette ligne n’est toutefois pas unanime : l’avocat Gilles-William Goldnadel affiche de longue date sa sympathie pour le parti, et surtout Serge Klarsfeld, chasseur de nazis qui avait combattu Jean-Marie Le Pen pendant des décennies, a opéré en juin 2024 un revirement très commenté, appelant le Crif à considérer que le RN avait « changé » et se disant prêt à voter pour lui plutôt que pour la gauche — une prise de position qui lui a valu, selon ses propres mots, un « flux d’attaques », y compris au sein de la communauté juive. Réagissant le 28 septembre aux révélations de Mediapart, le président du Crif, Yonathan Arfi, a jugé que le RN « continue d’être le parti refuge des identitaires » et « des chantres de l’idéologie d’Alain Soral », estimant qu’« on ne peut pas être à la fois le parti des identitaires et, de l’autre côté, un parti qui prétend lutter contre l’antisémitisme ». Le 29 septembre, sur CNews, le député Charles Alloncle a défendu Bardella en retour, assurant qu’il « s’est toujours montré comme un grand ami d’Israël » et jugeant les accusations « aussi grotesques que délirantes ».

« Il faut savoir le cacher » : la fabrique de la dédiabolisation

L’enquête montre en parallèle comment le futur président du RN, dès cette période, théorise la nécessité de « nettoyer la vitrine » du parti. « La politique c’est de la com », résume-t-il en 2013. Fin novembre 2014, à l’approche d’un scrutin départemental, il met en garde ses troupes contre une « nouvelle tempête médiatique […] au sujet de notre “littérature” et/ou des images que nous publions » — un problème de communication, pas de fond. Au même moment, le vice-président du parti, Louis Aliot, théorise que l’antisémitisme est le dernier « verrou idéologique » à faire « sauter » auprès de l’opinion publique pour permettre au mouvement d’accéder au pouvoir.

Cette discipline de façade a un revers, documenté par Mediapart via l’éviction, en octobre 2014, de Maxence B., militant frontiste de Seine-Saint-Denis écarté trois mois après s’être converti à l’islam, sous la pression de militants qui jugeaient sa conversion « un problème ». À l’inverse, une militante s’étant revendiquée ouvertement « islamophobe » dans un e-mail de dénonciation visant ce même Maxence B. sera investie par le FN aux élections départementales de 2015.

Mediapart rappelle enfin avoir déjà mis au jour, plus d’un an auparavant, les écrits antisémites, islamophobes et homophobes de la députée RN Caroline Parmentier — qui a conservé sans encombre la vice-présidence de son groupe à l’Assemblée nationale malgré ces révélations, relève le journal, qui y voit un traitement « bien différent » de celui réservé aux quelques « brebis galeuses » que le RN dit se complaire à éjecter.

Le démenti et la plainte de Bardella

Contacté par Mediapart le 26 septembre, Jordan Bardella a répondu par écrit, via son directeur de cabinet, à neuf questions transmises par le journal. « Je conteste formellement vos affirmations selon lesquelles j’aurais tenu, en public comme en privé, par oral ou par écrit, des propos racistes ou antisémites de ce type », a-t-il déclaré, évoquant de « faux grossiers » et une « véritable opération de barbouzerie », et annonçant qu’il « réagira[it] judiciairement à toute imputation diffamatoire ». Le lendemain de la publication, son avocat a confirmé le dépôt d’une plainte en diffamation contre Mediapart.

Lors d’une conférence de presse le 29 septembre, Bardella a dénoncé une « opération de déstabilisation » de la campagne présidentielle et évoqué une tentative d’« assassinat politique », dans ce qu’il a qualifié de début d’une « guerre totale » contre lui. Marine Le Pen, candidate du RN à l’élection présidentielle de 2027, s’est affichée à ses côtés pour lui apporter son soutien : « Nous ne nous laisserons pas faire […] nous allons contre-attaquer et démonter cette manipulation. » De son côté, Mediapart affirme avoir authentifié les échanges sur lesquels repose l’enquête ; le journaliste Antton Rouget a indiqué que le journal publierait les documents en sa possession en cas de contestations répétées sur la qualité de ses informations.

Réactions politiques

Les révélations ont suscité de nombreuses réactions. Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) y voit une illustration des « limites de la dédiabolisation » du RN. À gauche, Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) a dénoncé « les théories antisémites et conspirationnistes les plus absurdes » attribuées à Bardella, tandis que la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, a jugé de tels propos « incompatibles avec l’exercice de tout mandat ». Le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a de son côté affirmé que l’antisémitisme relevait de l’identité historique du RN, et non d’un accident de parcours.

Ces révélations interviennent alors que Marine Le Pen est créditée d’environ 35 % des intentions de vote dans les sondages pour la présidentielle de 2027, avec Jordan Bardella positionné comme son Premier ministre pressenti en cas de victoire.

Un soutien juif et pro-israélien assumé, un Soral qui exulte

Le lendemain de la publication, plusieurs prises de position sur les réseaux sociaux sont venues compliquer encore le tableau. Dans la nuit du 28 au 29 septembre, la Confédération des Juifs de France et Amis d’Israël (CJFAI), une association se revendiquant explicitement pro-israélienne, a publiquement apporté son « soutien plein et entier » à Jordan Bardella face à ce qu’elle qualifie d’« entreprise de déstabilisation » de la part de Mediapart, affirmant que « le président du RN s’est toujours tenu aux côtés des juifs de France et d’Israël, tout comme Marine Le Pen ». Une prise de position qui tranche nettement avec celle du Crif, et rappelle que le soutien ou l’hostilité à Bardella ne se répartissent pas selon une ligne confessionnelle unique, mais divisent les organisations concernées elles-mêmes.

Alain Soral, de son côté, a multiplié les publications sur X dans les heures suivant la publication de l’enquête, alternant ironie et rhétorique antisémite non déguisée. Il raille d’abord un parallèle avec Jean-Luc Mélenchon (« Mais alors c’est qui le plus antisémite ? […] J’avoue que je suis perdu là ! »), avant d’écrire que « toute la politique et l’avenir de la France tourne […] autour d’une communauté dont les fondements sont religieux et racistes […] et qui nous terrorise depuis des décennies en fonction des intérêts changeants d’un pays étranger et génocidaire (Israël) ». Dans un autre message du 29 septembre, il théorise ouvertement l’existence d’un « juif de gauche » — qu’il associe, sans fondement, au fondateur de Mediapart Edwy Plenel, dont rien dans la biographie (famille bretonne, catholique et protestante) n’indique une origine juive — et d’un « juif de droite » qui se partageraient le sabordage du RN et de LFI — une variante du trope antisémite du « complot » que Mediapart, dans son enquête, attribue déjà à Bardella adolescent à travers ses lectures recommandées par un cadre du FN. Ces publications, qui vont jusqu’à s’interroger publiquement sur les raisons pour lesquelles « le juif » serait « à ce point menteur », illustrent, plus qu’elles ne l’atténuent, la nature de l’influence que Mediapart documente chez le jeune Bardella.

Sur X toujours, le journaliste Cédric Labrousse a relevé un élément antérieur à l’enquête : dans un entretien de 2025 pour le média conspirationniste GPTV, Alain Soral affirmait déjà, avec des détails précis, que Jordan Bardella était venu le rencontrer en personne en 2013, lors d’une réunion dans le 6ᵉ arrondissement de Paris, pour évoquer des sujets qu’il qualifiait lui-même de « radicaux » — une déclaration antérieure aux révélations de Mediapart qui va dans le sens de la proximité que le journal documente. Labrousse a également opposé, à l’argument selon lequel une invitation officielle en Israël vaudrait certificat d’absence d’antisémitisme, le contre-exemple de l’activiste britannique Tommy Robinson, reçu lui aussi officiellement en Israël avant que ne soient documentés son passé dans les milieux antisémites britanniques et des tribunes récentes sur « les juifs dominateurs et puissants ».

Le journaliste Maxime Macé a par ailleurs relevé l’ironie d’une déclaration de Bardella lui-même, tenue le 29 septembre devant l’Assemblée nationale, selon laquelle Mediapart se serait « fait enfumer par des gens assez puissants qui ont intérêt à déstabiliser cette campagne présidentielle » sans pouvoir les nommer — une rhétorique du complot anonyme que Macé rapproche de celle que le jeune Bardella tenait déjà, nommément, en 2013.


Sources : Mediapart — « Les banques sont toutes détenues par des juifs » : Jordan Bardella face à ses écrits antisémites · France 24 — Mediapart rapporte des propos antisémites de Jordan Bardella, qui dénonce des « faux grossiers » · Euronews — Accusations d’antisémitisme : Jordan Bardella porte plainte contre Mediapart pour diffamation · Times of Israël — Jordan Bardella, « un ami extrême d’Israël », selon ses hôtes israéliens · Times of Israël — Après l’invitation de Bardella, BHL refuse de participer à une conférence contre l’antisémitisme en Israël · Times of Israël — Écrits antisémites attribués à Bardella : « une illustration des limites de la dédiabolisation du RN », selon le Crif · franceinfo — Le RN « continue d’être le parti refuge des identitaires », dénonce Yonathan Arfi (Crif) · Le JDD — Israël et le Rassemblement national : un rapprochement historique qui rebat les cartes diplomatiques · France 24 — À Jérusalem, Bardella veut faire sauter le verrou de l’antisémitisme · StreetPress — La guerre Israël-Hamas divise l’extrême droite française · X — @CJFAI_EU, soutien à Jordan Bardella · X — @officielsoral, réactions du 28-29 septembre 2026 · X — @CdricLabrousse, sur l’entretien GPTV de 2025 et le précédent Tommy Robinson · Times of Israël — Serge Klarsfeld, qui appelle le Crif à considérer le RN comme parti pro-juif, reçoit un « flux d’attaques » · CNews — Gilles-William Goldnadel : « La victoire du Rassemblement national n’est pas une chimère » · X — @MaskymMace